jeudi 29 janvier 2009

J'veux pas travailler !

ça y est je sais pourquoi je suis obsédé par la notion de travail. Parce que je n'exerce pour le moment qu'une activité ralentie.
Si je vivais en Amazonie dans la tribu des Zoés, ce serait le contraire. Si je me levais le matin en disant à mon voisin de hamac en plein milieu de la nuit (c'est-à-dire avant que le jour ne soit levé), "dis-donc, est-ce que tu sais si les gorilles travaillent aujourd'hui (oui c'est le moyen de transport) ou s'ils font grève, parce que je vais travailler", il me regarderait sans doute avec son grand sourire (oui, ils ont pris de drôles d'habitudes là-bas, je vous l'accorde) et me dirait : pourquoi tu ne dors pas quand il fait nuit ? Et encore : Tout à l'heure nous irons chasser.
Mais moi je ne sais pas chasser (en tout cas pas dans les villes...dans les forêts faut voir...).

Donc, je sors d'une sièste à 15h53 et j'ai mauvaise conscience.
Là-bas tout le monde fait la sièste. J'aurais mauvaise conscience de ne pas la faire. Est-ce que je me serais trompé de culture ?
Donc, ce soir, je me dirai : "qu'as-tu fait de ta journée ?" et honteux, je serais obligé d'avouer : je n'ai rien fait d'utile. Je n'ai pas apporté ma pierre au Grand Edifice. Je suis un parasite. Je ne marche pas au pas de l'oie ou à celui du mouton. Non je déconne. ça je m'en fous. Mais je n'aurai pas fait avancer mon propre schmilblick. Parce que, pour ce faire, j'ai besoin du concours de l'économie.
Pourtant, moi aussi, il faudra bien que j'aille "chasser" à mon tour, quand la menace de l'huissier se fera plus précise (s'il y a un huissier dans la salle qu'il me dise sa motivation professionnelle, s'il vous plaît ).
Pour résumer, si je pouvais pratiquer mon activité favorite (celle que je ne trouve pas du tout mais pas du tout ennuyeuse et où le temps est tellement supersonique qu'il n'existe plus) et qu'il me ramenait ma pitance quotidienne, je m'en fouterais bien de savoir c'est quoi le travail ou pas. Je travaillerais (quoique dans mon cas, c'est pas du travail).
Alors que là, j'ai le temps de réfléchir. C'est comme quand tu as perdu la qualité d'amoureux, ah ça, tu deviens capable de disserter sur la question pendant des heures ; quand tu nages dedans, tu affiches ton sourire béat, tu fais l'amour, tu as des projets qui débordent de tes poches, tu manges le monde, Alleluia !
Conclusion : je vais aller me suicider.
Conclusion 2 : je veux une société où on peut faire ce qu'on veut (le premier qui dit : "on fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie", je l'envoie en camp de redressement chez mes amis les gorilles). Une société où les désirs de chacun sont au centre des préoccupations.
Abolissons l'argent. Revenons au bon vieux système du troc. Et ceux qui n'ont rien à échanger, on les nourrit quand même. Et on les loge. Et on n'est pas énervé, ni jaloux, ni envieux, ni chipoteux, parce que, de toutes façons, on est heureux de faire ce qu'on fait, de faire profiter aux autres de son talent. Et ceux qui ne savent rien faire, ben, soit on leur apprend, soit si vraiment rien ne sort ou si rien n'est "échangeable", parce que ça n'intéresse personne, c'est pas grave. On va pas les laisser à la rue pour autant.
Je prends les inscriptions pour la Révolution qui aura lieu à partir de septembre 2009.

Bon, voilà, un petit défoulement utopique, ça fait du bien ! Mais vous verrez, en 3009, c'est comme ça qu'on va vivre, on parie ?
Evoluer. Etre si intelligent. Pousser le progrès tellement loin, pour finalement s'apercevoir de ses erreurs et revenir au tout début. Aller chercher le bonheur si loin, alors qu'il n'y avait qu'à tendre la main...Peut-être...

Aujourd'hui, nous sommes bien englués dans le système. Aïe ! ça fait mal. Et gesticuler dans la glu. Bof.

Petit intermède sur le gagnant du loto : il rêve à : ne rien faire, s'amuser, faire ce qu'il rêvait de faire depuis longtemps...
Les retraités : ouf, c'est fini. Bon ils n'ont pas l'habitude. Mais certains s'en sortent très bien. En pleine forme, ils vivent enfin. Font ce qu'ils veulent. S'épanouissent comme des tournesols.
C'est bien l'illustration que, si la contrainte économique n'existait pas, la plupart des gens aspireraient à un autre mode de vie.
Nous n'aurions pas les moyens de subvenir à nos besoins vitaux et de consacrer le temps qui restent (soit beaucoup de temps) à Se faire plaisir, à ne rien faire, à contempler, à ouvrir les yeux et les oreilles, à s'amuser ensemble ?
Mais peut-être sommes-nous en vie pour souffrir ? Moi, cette dernière idée me débecte sévère !

Je suis décidément anti-social !

Bon, je vais poser les fondements de la révolution et je vous en reparle dès qu'elle est prête.
Non, ce n'est pas du travail, c'est de la passion politique !

Travaillez bien !

1 commentaire:

Alméria a dit…

C'est toute la question de la civilisation et des besoins que nous nous sommes créés : plus de civilisation encore et encore plus de contraintes, ou moins de confort mais plus de liberté? Les Lumières avaient essayé d'alerter l'opinion publique. M'est avis que c'est un peu tard.