mercredi 10 décembre 2008

Les onze mille verges

Son sexe pend sans vie. Il n'arrive plus à bander. Virginie passe entre les corps qui s'agitent vers leur jouissance. Ancienne petite oie blanche qui trouve merveilleux de se faire piner devant tout le monde. Virginie, Virginie, petite fille, où es-tu passée ?
Virginie veut un bébé et trouve que c'est quand même magnifique non de se sentir libre, je veux dire vraiment libre, pas comme tous ces couples hypocrites. Enlève la bite que tu as dans la bouche quand tu parles, je ne comprends pas ce que tu dis. Oui, tu as raison Virginie, tu es belle, tu sens le cul par tous les pores de ta peau et je suis fatigué.
Il est libertin. Comme d'autres sont bouchers. Presque par profession. Amis libertins. Lectures libertines. Habitudes libertines. Conversations libertines. Et toujours à devoir se glorifier, de peur de voir l'horreur.

La semine dernière avec Daniel et Lou, ils ont pratiqué leur exercice favori. Mais oui, ça nous plaît ! Vous savez, c'est le vrai rempart à l'infidélité !
Lou rigole nerveusement. ça l'excite qu'on parle de ça. Je connais cette sensation Lou. Si tu savais, j'étais bien pire que toi. Un gamin dans une boulangerie qui a le droit de goûter à tous les gâteaux.
Virginie en rajoute une couche : l'amour et le sexe sont deux choses très différentes. J'aime John profondément. Mais je ne me voyais pas renoncer à jamais aux autres corps. Et toi pareil, hein John ? Pourquoi vivre en permanence avec une frustration ?

Virginie tend son cul à un black serviable comme tous les blacks dans les clubs. Elle ahane. Il boit son énième whysky. Sans alcool, pas de libertinage. Elle prend une queue indistincte dans sa bouche et une deuxième dans sa main. Trois queues en tout s'il a bien compté. Il compte bien. Il est comptable. Comptable et libertin. Libertin pour oublier qu'il est comptable.

Daniel criait trop fort quand il jetait ses phrases. Moi je ne pourrais jamais !! C'est glauque. Excusez-moi, je ne parle pas pour vous mais bon....Et puis, voir Lou avec un autre, c'est juste impossible. Tu as raison Daniel, c'est glauque, au-delà même de ce que tu peux imaginer, mais ce n'est pas ce que tu penses vraiment. Toi et ta bite vous aimeriez bien essayer quand même. Pour voir. Parce que tu es un garçon, avec ta culture de garçon et ta libido de garçon.

Virginie gémit. Une blonde très belle lui pompe sa bite molle. S'acharne comme si il était très important qu'il joue le jeu. Tout à l'heure ils vont se dire que c'était très bien, se congratuler, comme après un double au tennis : Vous l'avez sucé divinement, si, si ! Et vous, quelle sodomie ! Je peux vous dire que j'ai rarement vu une aussi belle sodomie ! Et pourtant j'en ai vues !

Virginie disait que c'était formidable, ça, se sentir libre, pas enfermée, vous comprenez. Et puis, c'était prouvé, les couples libertins étaient beaucoup plus heureux. Beaucoup moins de frustration. Beaucoup moins d'envie d'aller ailleurs ; puisque tout est permis.
Mais quand vous vous retrouvez ensemble, je veux dire, après, est-ce que vous ne vous dégoûtez pas. Enfin, je veux dire, il reste les images. Lou me regardait avec l'envie que je la saute maintenant sur le canapé devant son mari qui dirait : t'aimes ça hein ma petite salope !
Pas du tout. Au contraire. John est très beau pour moi quand il fait jouir une autre femme. Et je suis fier que ce soit lui mon mari. Que ce soit mon homme. Je veux que toutes les femmes ressentent à quel point il me fait bien jouir. Et je sais que c'est moi qui repartirais avec lui. C'est mon Homme !
Connasse.
Si Lou. Moi, parfois je suis dégoûté à vomir le matin en me lavant les dents. Alors je me relave les dents et je repars quand même au prochain plan cul, parce que je suis obsédé sexuel. Parce que je suis shooté à la chatte, au cul, à tous ces corps qui s'emmanchent ! A ma pute de femme qui joue à la salope. ça m'excite. ça m'excitait. Ne me restent que l'habitude et le dégoût !

Elle jouit longuement, bruyamment. Comme elle aime le faire. Pour attirer l'attention sur elle. Si tant est que c'est encore possible dans ce genre d'endroit. Il caresse la belle chatte imberbe de la blonde par politesse. Virginie lui sourit et embrasse la blonde qui délaisse pour l'occasion ma bite molle. Les trois autres bites sont déjà parties.

ça ne vous dérange pas qu'on parle de ça. Daniel : pas du tout ! Pas du tout ! ça ne nous branche pas, mais ça ne nous choque pas, nous ne sommes pas des puritains coincés quand même ! Virginie dit qu'on ne pouvait rien dire avant d'avoir essayé au moins une fois. Qu'ils pouvaient les emmener dans un club. Qu'ils regarderaient c'est tout. Ils verraient bien comment ils se sentaient. Lou re-rit nerveusement : tu nous imagines dans un endroit pareil...non, non. Avec ce désir qu'on insiste bien pour qu'elle puisse lâcher : Après tout qu'est-ce qu'on risque. On regarde juste et on repart. ça pourrait être marrant non, Daniel, qu'est-ce que t'en dis. Mais on n'a pas insisté. On avait déjà dévergondé deux couples comme ça. 20 ans de mariage. Y'a moyen d'appuyer.

Dans la voiture, il lui dit simplement qu'il arrêtait. Virginie dit quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? Tu ne peux pas faire ça ? Si, j'arrête. T'as un coup de mou. Oui c'est le cas de le dire. ça va passer. Non ça passera pas. Mais pourquoi, tout se passe bien. J'en ai marre de te voir sucer des bites. Mais ça t'excite. ça ne m'excite plus. John ! John ! Ce n'est pas possible. Si tu veux arrêter, comment on va faire ? On va faire l'amour tous les deux ! Arrête tu n'es pas drôle ! ça va revenir, c'est normal, tu as une petite lassitude, tu es blasé, ça nous arrive tous à un moment ou un autre. On va faire une pause si tu veux. Quelques semaines. Non, j'arrête. Définitivement. Je suis désolé. Mais comment je vais faire moi ? Hein ? Je vais quand même pas y aller toute seule ? Non, parce que je ne le supporterai pas. On va devenir fidèles et exclusifs. T'es complètement fou. Tu sais très bien que je n'y arriverai pas. Tu sais ce qui va se passer. Je vais être frustrée. Je vais me mettre à regarder les autres hommes et je te tromperai, c'est ça que tu veux ?
La conversation prenait précisément le tour qu'il souhaitait.
Non. Alors qu'est-ce que tu espères ? Rien.
Il lui servit les phrases d'usage pour les séparations. Elle pleura. Elle gueula. Elle lui prit la bouche. Elle lui prit la main de force pour la foutre sur sa chatte encore humide. Il resta bien tranquille comme il s'était promis. Il dit un dernier : je suis désolé. Elle, un dernier : tu ne peux pas faire ça ! Il dit qu'il allait dormir à l'hôtel, il l'appelerait demain. Il sortit de la voiture. Il prit une rue à gauche sans aller trop vite, puis dès qu'il put tourner dans une deuxième roue à droite pour être hors de vue de Virginie, il se mit à courir, et à respirer, à respirer, comme il n'avait plus respiré depuis longtemps.

2 commentaires:

Incompréhensions... a dit…

Et moi qui vient de lire le récit de chez Comme une image, qui se passe dans un club rue Ponthieux...

Je crois que je commence à comprendre beaucoup de choses...

"Et toujours à devoir se glorifier, de peur de voir l'horreur."

dusportmaispasque a dit…

http://dusportmaispasque.blogspot.com/2008/07/last-tango-in-paris.html